Alick Mouriesse propose des Hotels pour les cours des étudiants SUPINFO Bordeaux

ça ne semble pas déranger Alick Mouriesse de dire tout et son contraire à quelques jours d’intervalles. Un petit extrait d’un email il y a moins de 10 jours aux étudiants:

AM: Beaucoup d’entre vous nous demandent où pourraient se situer les campus de SUPINFO à Bordeaux et à Toulouse mais il faut savoir que les campus officiels de SUPINFO n’ont jamais changé. C’est la raison pour laquelle les adresses publiées sur notre site internet sont restées inchangées elles aussi.

Alick Mouriesse affirmait donc que l’association SUPINFO possédait toujours des locaux à Bordeaux (ceux d’IBM aux 40 journaux) entre autres. Et ce malgré qu’une décision de justice avait prononcé l’expulsion de SUPINFO de ces mêmes locaux… (voir article ici).

Alick Mouriesse reviens donc avec un autres email pour annoncer que les étudiants de SUPINFO Bordeaux auront cours dans deux hotels différents de Bordeaux.

L’Hotel Mercure
situé au 81 cours Saint Louis ? 33 300 Bordeaux

Et l’Hotel KYRIAD
situé au 68 A 78 RUE DE TAUZIA 33800 BORDEAUX

Source: http://shorttext.com/pdtiptqza

Le site internet de l’Hotel Kyriad peut être consulté à cette adresse: http://www.kyriad-bordeaux-st-jean.fr/

Mais attention ces deux hotels sont réservés uniquements aux B1 et aux B3. Les autres étudiants de SUPINFO Bordeaux sont donc dispensés de cours ce lundi puisque Alick ne semble pas encore leur avoir trouvé de locaux… ou plutôt d’hotels…

Notre avis

Alick Mouriesse ne semble reculer devant rien pour tenter de mettre au maximum les bâton dans les roues aux franchisés qui ont pourtant scolarisé depuis le début d’année tous les étudiants de SUPINFO Toulouse et de Bordeaux, dont les locaux ont été validés par le secrétaire général de SUPINFO, et qui possèdent par contrat l’exclusivité à préparer au diplôme SUPINFO dans la région.

Alick Mouriesse en procès contre eux, semble s’impatienter que la justice prenne trop de temps, et a décidé donc de tenter de reprendre le maximum d’étudiants, et de priver donc les franchisés de leurs propres étudiants, quitte à envoyer ces étudiants avoir cours dans des Hotels.

Nous condamnons cette cette instrumentalisation des étudiants faites par Alick Mouriesse, et cette manière de tenter d’aboutir à ses fins quelles qu’en soit les conséquences sur les étudiants…

Liens utiles

Article d’une étudiante extérieur à SUPINFO qui a bien résumé la situation des étudiants de Toulouse et de Bordeaux: http://supinfo-watching.blogspot.com/2010/04/la-guerre-avec-les-franchises-laisse.html

 

Source : http://supinfacts.blogspot.com/2010/01/alick-mouriesse-propose-des-hotels-pour.html

3ème décision de justice – La stratégie d’Alick d’asphyxier financièrement SUPINFO Toulouse et Bordeaux mise en échec par la justice

La justice a condamné (une fois de plus) la société Educinvest (société belge appartenant à Alick Mouriesse président de SUPINFO): Consulter ici l’ordonnance du jugement.

Pourquoi on parle de stratégie mise en échec? car Alick Mouriesse semble avoir tenté d’asphyxier financièrement les écoles SUPINFO Toulouse et SUPINFO Bordeaux par 2 moyens:

1/ Refusant de se conformer à une décision de justice rendue le 24 Décembre 2009 condamnant la société Educinvest à payer 1 million 291 815 euros qu’elle doit aux franchisés. (Ordonnance de condamnation d’Educinvest)

Les franchisés (propriétaires de SUPINFO Toulouse et Bordeaux) n’ont pas abandonné les étudiants de SUPINFO Toulouse et de Bordeaux et ils continuent (malgré le non versement de sommes importantes qui leur reviennent de droit) à assurer une scolarité la plus normale possible à leurs étudiants… pendant qu’Alick Mouriesse s’obstine dans un comportement très préjudiciable à SUPINFO et à tous les étudiants.

2/ Alick Mouriesse a tenté de geler les avoirs financiers de la société des franchisés (qui aurait eu pour conséquence de les empêcher d’utiliser leur compte bancaire, de payer leurs factures etc), en demandant une saisie conservatoire sur les compte bancaires des franchisés, et en omettant de dire au juge la condamnation de la société quelques semaines auparavant…

Explications:

« Mais comment est-il possible que la société d?Alick Mouriesse, EDUCINVEST, obtienne l?accord du Président du Tribunal de commerce de Bordeaux de délivrer une saisie conservatoire sur les comptes de SUD OUEST CAMPUS ?

Tout simplement en cachant volontairement au Président du Tribunal de Commerce de Bordeaux de l?existence du référé du 24 décembre 2009.

Nous avons donc pour contester cette saisie conservatoire fait une demande en référé d?annulation, en date du Mardi 26 janvier 2010. »
Source

Alick Mouriesse a réussi à geler temporairement le compte bancaire de la société des franchisés, mais la justice a été saisie et a annulé cette « saisie conservatoire » illégale, et a condamné la société Educinvest aux dépens.

De plus on peut constater dans cette ordonnance qu’Alick Mouriesse a tenté de faire fermer et détruire les sites http://www.supinfo-bordeaux.fr/ et http://www.supinfo-toulouse.fr/. La justice ne lui a pas accordé cela.

Pourquoi Alick tente de faire fermer les sites internet officiels de SUPINFO Toulouse et Bordeaux?

Pourquoi cette obstination contre les écoles du sud ouest où sont scolarisés plus de 600 étudiants?

Pourquoi le compte bancaire de la société Educinvest affiche un solde créditeur de 17 000 euros, quasiment vide quand on sait que « les pré-inscriptions et inscriptions de l?année en cours ont rapporté en France, environ 25 000 000 d?euros à la communauté d?intérêts d?Alick Mouriesse »? (source)

Où sont passé les plus de 25 millions d’euros représentant les frais de scolarité des étudiants?

Source: http://supinfacts.blogspot.com/2010/01/3eme-decision-de-justice-la-strategie.html

SupInfo: La Grande Illusion!

SupInfo: La Grande Illusion!

Par Emmanuel, 4 janvier 2010 11 h 08 min

Comme promis, voici un nouveau billet concernant SupInfo. Cette école évolue très vite ce qui la rend difficile à cerner. Ce billet fait donc un point sur l’état actuel de cet établissement et corrige quelques détails de mon post « SupInfo: Il ne passera pas par moi… », tout en essayant d’aller un peu plus loin dans l’explication de ce qui se passe réellement.

À ce titre, au gré de mes recherches sur le Web, j’ai trouvé un blog « supinfo-watching » qui me semble assez bien fourni sur le sujet et que je vous encourage à consulter fréquemment si vous vous intéressez à l’affaire. Mais il existe encore des tas d’autres références sur les différents forums [1, 2, 3]. Et évidemment, il y a le blog « L’expérience SupInfo » qui reste une référence dans l’auto-dénigrement involontaire de cette école, les informations sont d’autant plus intéressantes que l’auteur ne semble même pas se rendre compte de l’énormité de ce qu’il écrit.

Mais, pour en revenir à ce billet, je vais d’abord éclaircir un peu les mécanismes d’homologation des diplômes pour les organismes d’enseignement privés en France. Ensuite, je parlerai des différents problèmes de SupInfo en essayant d’être synthétique.

Pourquoi SupInfo ?

Si à l’origine je me suis intéressé à SupInfo c’était essentiellement parce qu’un certain nombre d’étudiants fraîchement diplômés de cette école voulaient s’inscrire en Master 2 dans une formation dont je suis co-responsable. Comme je l’ai déjà dit dans mon premier billet, nous avons systématiquement refusé les candidats car ils n’auraient pas pu s’intégrer dans un cursus « classique » après être passé par SupInfo. Par la suite, le nombre de « réfugiés » en provenance de SupInfo et voulant réintégrer la fac dans diverses formations n’a cessé de croître et, à mon humble avis, ce ne sont encore que les prémisses d’une catastrophe pédagogique sans précédent qui se dessine à l’horizon puisque l’école compte entre 6000 et 8000 étudiants à l’heure actuelle.

Quoiqu’il en soit, depuis mon tout premier billet sur SupInfo, beaucoup de gens m’ont contacté et m’ont apporté des témoignages sur leur situation personnelle. Force est de constater que le nombre de mécontents de l’école dépasse la quantité habituelle et qu’il se passe probablement quelque chose d’anormal dans cet établissement, surtout depuis 2005-2006. De plus, il semble régner une désinformation assez inquiétante des élèves à propos d’un grand nombre de choses concernant leur propre école. Je vais donc essayer de faire un point précis ici en apportant un autre point de vue que celui que veut bien donner SupInfo. Mais reprenons depuis le début…

Diplômes de l’enseignement supérieur délivrés par des établissements privés en France

Les écoles privées dans le supérieur sont nombreuses et faire un choix entre-elles est difficile. Beaucoup ne sont absolument pas reconnues par l’État mais certaines le sont. Encore faut-il comprendre quelle reconnaissance elles ont obtenues des pouvoirs publics. Ainsi, pour faire reconnaître un diplôme dans l’enseignement supérieur (post-bac) deux organismes prévalent:

  • La Commission Nationale des Certifications Professionnelles (CNCP [wikipedia]) qui dépend du Ministère de l’Industrie et qui gère les homologations des différents diplômes et leur adéquation au travail auquel ils devraient correspondre.
  • La Commission des Titres d’Ingénieur (CTI [wikipedia]) qui est un organisme indépendant chargé d’accréditer des organismes à délivrer le diplôme d’ingénieur.

La CNCP s’occupe d’homologuer et de catégoriser les titres et diplômes de l’enseignement technologique. Les différents niveaux de diplômes suivent la Nomenclature des niveaux de formation de 1969. Ils sont au nombre de 5:

  • Niveau V: niveau brevet des collèges
  • Niveau IV: niveau baccalauréat
  • Niveau III: niveau bac +2
  • Niveau II: niveau bac +3 ou bac +4
  • Niveau I: niveau au moins égal à bac +5

Visiblement, le niveau des gens titulaires d’un diplôme de thèse n’est absolument pas pris en compte par cette grille, ce qui explique beaucoup de choses… Mais passons… Les niveaux qui nous intéressent ici sont les diplômes de niveau II (bac+3):

Personnel occupant des emplois exigeant normalement une formation d’un niveau comparable à celui de la licence ou de la maîtrise.

À ce niveau, l’exercice d’une activité professionnelle salariée ou indépendante implique la maîtrise des fondements scientifiques de la profession, conduisant généralement à l’autonomie dans l’exercice de cette activité.

Et les diplômes de niveau I (Bac+5):

Personnel occupant des emplois exigeant normalement une formation de niveau supérieur à celui de la maîtrise.

En plus d’une connaissance affirmée des fondements scientifiques d’une activité professionnelle, une qualification de niveau I nécessite la maîtrise de processus de conception ou de recherche.

La CTI, quant à elle, contrôle la liste des établissements pouvant décerner les diplômes d’ingénieurs. Il met, par exemple, des conditions très strictes sur le contenu du programme ainsi que sur d’autres aspects annexes du cursus (TOEFL, stages obligatoires, …). Un établissement ne peut rentrer dans la liste du CTI qu’après plusieurs années de travail et en ayant une réputation quasi-irréprochable sur la qualité de ses enseignements.

La notion d’ingénieur (Wikipédia) est parfois difficile à cerner car elle fait à la fois référence à un « titre officiel » (tout comme les docteurs en médecine) et à une « activité professionnelle ». Le titre d’ingénieur est donc réglementé et usurper ce titre est puni pénalement par la loi (un an d’emprisonnement et 15000 euros d’amende pour une personne physique et 5 ans d’arrêt de l’activité du prestataire de formation professionnelle pour un établissement d’enseignement).

Les établissements d’enseignement privés se partagent donc entre des homologations de la CNCP et de la CTI. Par exemple, l’EPITA est homologuée par le CTI depuis 2007 (c’est donc assez récent). L’EPITECH, quant à elle, est homologuée par la CNCP au niveau I pour la période 2008-2013. Enfin, SupInfo est aussi homologuée par la CNCP au niveau I pour la période 2006-2011.

Notez que le CNCP délivre des homologations à durée limitée dans le temps (pour des périodes de 5 ans) et à l’issue de cette limite, l’établissement doit re-déposer un dossier. Il est aussi important pour la suite de comprendre que les organismes privés ne peuvent se targuer de délivrer des diplômes de Masters car seuls les établissements habilités par le « Ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche » (MESR) peuvent le faire. Cela inclut toutes les universités et quelques autres (rares) établissements délivrant aussi des diplômes d’ingénieurs. Ces habilitations sont révisées tous les 4 ans.

Voila donc un rapide paysage des diplômes en France à l’heure actuelle et comment savoir où est classé votre diplôme par l’état. Je n’ai à priori rien contre ces organismes privés. Certes, il y a l’aspect payant qui me déplaît car il introduit une sélection par l’argent qui me paraît injuste. D’autant que le prix moyen payé par l’état pour un étudiant dans le public est de 8970 euros en université et de 13880 euros en école d’ingénieur en 2007 (source: L’état de l’Enseignement supérieur et de la Recherche en France: 30 indicateurs p.13-14). Je vois mal des étudiants débourser autant pour une école alors que leurs parents payent déjà à travers leurs impôts pour ces études.

De plus, il y a aussi leur propension à vouloir privilégier la pratique sur la théorie. Mais je vois cela comme de saines divergences qui permettent à tous les étudiants de trouver leur place dans le monde du travail. Ce qui compte vraiment, c’est que la formation qui est dispensée ait une certaine cohérence et requière une certaine dose de travail et de sérieux de la part de l’étudiant.

Cependant, lorsque je me suis penché sur le cas SupInfo j’ai découvert quelque chose de fondamentalement différent. Par exemple, leur communication était d’une duplicité que je n’avais encore jamais vue chez un établissement d’enseignement, fut-il privé. Ensuite, et c’est aussi la première fois que je voyais cela, ils faisaient preuve d’une incroyable démagogie dans le choix de leur cursus faisant d’intenables promesses à la fois aux élèves et aux entreprises. Enfin, l’organisation même de cette école semblait minée par une croissance bien trop rapide et surtout une gestion déplorable des ressources. Encore maintenant, j’ai du mal à comprendre le choix qu’ont fait les élèves de cette école alors que des informations extrêmement alarmantes sont disponibles à propos de cette école sur le Web. Je voulais donc profiter de ce billet pour faire un point sur la valeur du diplôme de SupInfo et essayer de donner un point de vue extérieur à cette institution.

SupInfo n’est pas une « École d’ingénieurs » !!!

La première chose qui choque chez SupInfo est cet acharnement à entretenir le doute sur leur statut d’école d’ingénieurs (voir les nombreux articles de Supinfo-watching à ce sujet). Ils alternent entre le dénigrement pur et simple des formations d’ingénieurs « trop généralistes » (sic) à leur goût [1, 2] et le fait qu’ils considèrent SupInfo comme une école d’ingénieurs et même comme une grande école en informatique. Faites vous-même l’expérience de taper les mots clefs « supinfo école ingénieur », « élève ingénieur supinfo » ou encore « supinfo grande école » dans Google et vous verrez le résultat.

Le pire est que la presse et les pouvoirs publics semblent relayer ce fantasme. Non sans avoir été « aidé » par SupInfo avec un dossier de presse ambigu. Mais l’origine de cette confusion semble remonter à 2007 où une enquête TNS-Sofres présentait un classement des écoles d’ingénieurs informatique les plus populaires. Évidemment, SupInfo y figurait en bonne place grâce à son matraquage médiatique qui avait commencé dès 2005-2006. Ce classement depuis qu’il a été publié est utilisé au maximum par les dirigeants de SupInfo pour noyer encore un peu plus le poisson et augmenter la confusion.

Dans ces conditions, il est presque normal de voir des élèves de cette école se déclarer « élève ingénieur » ou même directement « ingénieur » sur leur CV s’exposant ainsi à des poursuites judiciaires pour usage abusif d’un titre qu’ils ne possèdent pas. D’autres, encore, semblent tomber des nues lorsqu’on leur annonce que SupInfo n’est pas une école d’ingénieurs (certains allant même jusqu’à croire à des théorie de la conspiration contre leur école lorsqu’on essaye de le leur démontrer).

Mais peut-être est-ce là pratique courante chez les écoles de ce type, me direz-vous ? En fait, ce n’est absolument pas le cas. L’EPITECH qui joue exactement dans la même catégorie ne fait aucunement de confusion entre le titre d’ingénieur et le poste que peuvent occuper ses élèves à l’issue de leur formation. À chaque fois qu’il est question du diplôme, la documentation précise bien que l’EPITECH forme des « experts en informatique ». Et l’ambiguïté n’existe pas.

Ce que je ne comprends pas, c’est que la CTI n’ai pas encore attaqué SupInfo pour usage abusif du titre d’ingénieur. Ou encore, qu’un élève de SupInfo ne se soit pas encore retourné contre son établissement en les attaquants pour publicité mensongère (Art. L.121-1 du code de la consommation). Car SupInfo base une grosse partie de son succès sur le fait que la majorité de ses élèves croient travailler pour obtenir un diplôme d’ingénieur. Les exemples sont légions dans toutes leurs communications et un avocat n’aura pas de mal à rassembler suffisamment de matériel pour aller en cour de justice.

SupInfo est-il un Master / Master of Science / Master Européen ?

La brochure 2008-2009 de SupInfo parle d’un « Master of Science ». Quelques conversations sur les forums font aussi parfois référence à un « Master », un « Master Européen », ou encore à un « Master International ». Il faut savoir qu’un « Master of Science » et un « Master » sont tous deux des titres aussi réglementés que le diplôme d’ingénieur et que l’homologation que SupInfo possède se borne à l’homologation du CNCP pour un diplôme de niveau I.

La seule possibilité pour SupInfo de délivrer de tels diplômes à ses élèves serait de passer par l’un de ses partenaires internationaux qui pourrait éventuellement délivrer le diplôme sous réserve d’avoir passé une année de Master à étudier là-bas.

Encore une fois, il s’agit très probablement d’un raccourci qui abuse les élèves et qui raccroche le diplôme de SupInfo à un terme qui paraît officiel pour les (futurs) clients. Quoiqu’il en soit, SupInfo n’a pas plus le droit de délivrer de Master que de titre d’ingénieur et cela tombe exactement sous les mêmes articles de loi que précédemment.

UPDATE (14/01/2010): Je crois que le diplôme de SupInfo est accrédité en tant que « European Master of Science » par l’EABHES (European Accreditation Board of Higher Education Schools) à travers une accréditation délivrée au centre SupInfo de Limoges. Cependant, cette information n’apparaît pas sur le site de l’EABHES. Suite à un coup de fil à leurs bureaux, il semble que SupInfo apparaisse sur leur liste, mais j’aurais aimé avoir une confirmation écrite. Voici quelques détails à propos de cette accréditation [1]. En fait, l’obtention de cette accréditation se fait essentiellement sur des critères de mobilité des étudiants et le fait qu’une part non négligeable des cours soient en anglais. De plus l’obtention du TOEIC est obligatoire pour obtenir le diplôme (ce qui est le cas pour SupInfo). Voici quelques détails supplémentaires sur les Masters validés par l’EABHES.

Mais si seul le centre de Limoges est inscrit à l’EABHES, est-ce que tous les élèves de SupInfo bénéficient de cet accord (car il faut payer environs 1500 euros par élève de frais de dossier pour l’ensemble de leur scolarité) ? J’avoue que je me pose encore la question.

Bref, il est extrêmement inquiétant de voir qu’une institution d’enseignement puisse galvauder à ce point les titres, les diplômes et leurs valeurs respectives. Si SupInfo veut améliorer un minimum sa communication, il va falloir revoir une grande partie de sa stratégie et essayer d’apprendre la valeur d’un diplôme. Pour l’instant, elle se met largement hors-la-loi et, avec elle un bon nombre de ses élèves. Le plus problématique étant que SupInfo ait réussi à contaminer autant de gens seulement grâce à du marketing et du matraquage publicitaire, et ce, dans l’indifférence des pouvoirs publics.

SupInfo, le tunnel de 5 ans…

Un autre point que certains élèves de SupInfo découvrent après coup, est que SupInfo n’a le droit de décerner que le diplôme final (bac+5) et aucun diplôme intermédiaire (bac+2, bac+3, …). Il faut donc comprendre que lorsque vous démarrez SupInfo en première année après le baccalauréat (B1), vous vous embarquez pour un cursus de 5 ans en étant totalement captif de cette institution. Il est extrêmement improbable que vous réussissiez à revenir dans un parcours classique en quittant SupInfo avant la fin sans perdre d’année d’étude, puisque le seul diplôme que vous posséderez tout au long de votre scolarité à SupInfo est le … baccalauréat.

Mieux vaut-il, donc, faire, un BTS, un IUT ou une Licence (même Pro), puis rebrancher sur la formation SupInfo ensuite. D’une part, vous aurez moins à débourser et d’autre part vous aurez au moins validé les bases avec des diplômes reconnus partout. Ce conseil vaut aussi pour l’EPITECH et pas mal d’écoles ayant les classes préparatoires intégrées. Vérifiez donc bien qu’il y a bien des diplômes intermédiaires officiels entre le début et la fin pour pouvoir vous rediriger éventuellement en cours de route.

Enfin, si vous vouliez continuer par une thèse, sachez que le diplôme SupInfo sera un handicap certain pour y accéder. D’après mon expérience, je pense même, quasi-certainement, que vous pouvez tout de suite faire une croix dessus si vous choisissez SupInfo.

Les ECTS, une monnaie d’échange ?

À priori, la tâche des élèves dans une école est d’étudier. L’établissement quant à lui se charge de l’enseignement et d’entretenir sa renommée pour assurer le recrutement de nouveaux élèves. À la rigueur, quelques élèves particulièrement motivés vont mettre la main à la pâte et participer, souvent bénévolement, à certains salons ou actions de marketing de l’école. Dans l’Univers SupInfo il en est tout autrement…

Les participations des étudiants à la promotion de l’école font partie des notes, ainsi chaque action de promotion est rétribuée par un certain nombre de points. Faire la promotion de SupInfo dans son ancien lycée, participer à un forum étudiants, faire une vidéo qui vante SupInfo, remporter un prix dans un concours quelconque… Tout ceci permet aux élèves de gagner des points pour augmenter leur moyenne grâce à 2 ECTS optionnels consacrés à ceci. Par exemple, voici un billet extrait d’un fil de discussion sur les forums publics de SupInfo:

Si vous voulez obtenir des points plus rapidement, je vous conseille d’opter pour faire une visite et présenter SUPINFO dans votre ancien lycée, BTS ou IUT. Toute visite ayant lieu avant le 1er Février 2010 vous rapporte 5 points.

Et il semble qu’on leur fourni même le matériel et le discours pour cela:

Sur le site du SPR (spr.SUPINFO.com) t’as des documents qui t’explique ce que tu dois présenter, dire etc.. t’as même un ppt tout prêt!

Ce qui est scandaleux dans ce genre d’approche c’est que SupInfo se sert des notes comme monnaie d’échange contre des services que lui rendent ses élèves. La perversité de ce système est à tous les niveaux. Tout d’abord parce qu’elle détourne les élèves de leur but initial qui est de se former pour affronter le monde du travail (une formation qu’ils payent très cher, en plus). Et ensuite parce que SupInfo transforme ses étudiants en hommes-sandwich sans aucune vergogne, sans même leur laisser le choix car s’ils ont besoin de ces points ils ne sont pas en situation de refuser de telles pratiques.

Bref, c’est extrêmement pervers et avilissant pour les élèves. Une institution qui ose rendre ce genre de pratiques systématiques et ancrées dans leur formation ne devrait pas pouvoir continuer ainsi.

Une note est avant tout un outil pédagogique et ne saurai être utilisée à autre chose qu’à former les élèves. Elle sert de feed-back à l’élève sur le travail qu’il a réalisé et elle permet aussi de déterminer si, oui ou non, les acquis minimums ont été assimilés pour passer à l’étape suivante.

Dévoyer la notation et la réduire à un simple moyen de payement est extrêmement pervers car SupInfo est en position de force face aux élèves et il dispose alors d’un moyen de les exploiter jusqu’à des limites que je ne préfère pas imaginer. Concernant tout ce qui est hors-scolarité, un établissement devrait soit faire appel au volontariat, soit rétribuer ses élèves lorsque c’est possible. Mais recourir à ce genre de pratiques est tout simplement révoltant et viole toutes les règles pédagogiques de base.

Les élèves-enseignants, un clou de plus dans le cercueil de SupInfo

J’en ai déjà parlé dans mon billet précédent, l’enseignement à SupInfo est en grande partie assuré par les élèves (oui, des élèves qui enseignent à d’autres élèves). Les cours les plus théoriques sont assurés par de vrais enseignants mais la plupart du temps (environs 75% du temps d’enseignement), ce sont des élèves qui assurent les cours. Ce point est assez problématique car il dégrade assez considérablement les conditions d’enseignement. Déjà qu’il est difficile de monter une équipe enseignante qui fonctionne correctement avec des professionnels, si en plus on prend 75% d’amateurs cela devient forcément catastrophique. Il se trouve que le statut de ces élèves-enseignants a été considérablement réformé cette année… en pire, hélas !

Les élèves-enseignants anciennement appelés SCT (SupInfo Certified Trainer) deviennent des STA (SupInfo Teaching Assistant). Ils ne sont plus exonérés de payer les frais de l’école mais ils sont payés 25 euros de l’heure pour un minimum de 250h de cours (ce qui, en tant qu’enseignant je peux vous le dire, est énorme!). Ils ont pour mission de donner des cours et contribuer à l’encadrement, le suivi, la surveillance et l’évaluation des élèves (oui, l’évaluation aussi!). Ils ont un statut d’auto-entrepreneur et l’école les paye comme des intervenants extérieurs. Mais il semble qu’aucune formation ne soit plus requise pour accéder au rang d’élève-enseignant (ce qui ne va pas améliorer leur qualité qui reste extrêmement variable d’un élève à un autre). On largue donc des élèves avec un cours qu’ils maîtrisent à peine devant d’autres élèves. Tout juste sont-ils encadrés, de loin, par un véritable enseignant qui gère une équipe d’une dizaine de ces STA. Je pense que ceux qui ont eu à encadrer des moniteurs ou des ATER pendant des enseignements comprendront l’impossibilité de la chose. D’autant qu’avec 250h de cours à donner, je vois mal l’élève arriver à faire autre chose qu’enseigner… Au final, il ne gagnera ni ne perdra d’argent car le montant total des 250h équilibre à peu près le prix de l’école. Mais il aura sacrifié une année à sa chère école puisqu’il n’aura pas eu le temps d’étudier.

J’ai déjà dit ce que je pensais de cette idée de laisser des élèves enseigner et donner des notes à d’autres élèves. Cela peut marcher ponctuellement pour des individus exceptionnels, mais le faire à cette échelle et de façon aussi systématique est tout simplement criminel. On risque vraiment de se trouver avec des cours qui seront du n’importe quoi, avec des notes qui ne veulent plus rien dire. Comment accorder un quelconque crédit à une telle formation dans ces conditions ?

Réputation auprès de entreprises

À l’occasion de mes visites de stages pour l’université de Bordeaux, j’ai discuté avec des entreprises qui avaient eu affaire à des gens de SupInfo. Ils ont tous été assez catégorique sur le sujet en me disant que plus jamais ils ne tenteraient l’expérience tellement le stagiaire s’était avéré incompétent et en totale dépendance. L’une des personnes à qui j’ai parlé a comparé leur niveau à IUT première année alors que le stagiaire était censé être en 4me année.

Je sais que les gens en entreprises ont tendance à juger sur des cas ponctuels et qu’ils se font vite une opinion mais visiblement, si l’élève ne s’est pas montré à la hauteur, le côté administratif a presque été pire laissant l’encadrant de l’entreprise seul juge de la note de l’élève et avec un retard assez conséquent pour ce qui est de la signature des conventions de stages.

Bref, SupInfo se décrédibilise totalement auprès des entreprises. Soit à cause du niveau de ses élèves, soit à cause de son administration défaillante.

UPDATE (18/01/2010): On m’a fait beaucoup de commentaires à propos de la réputation de SupInfo auprès des entreprises. Je tiens donc à préciser que dans tous les cas dont je parle, les encadrants s’attendaient à voir arriver de vrais bac+5 (ingénieurs ou master) et leur ont donné des travaux qu’ils considéraient à leur niveau. Aucun des stagiaires SupInfo dont on m’a parlé n’a pu accomplir le stage correctement… et les encadrants en question ne veulent plus prendre de gens issus de cette école. Dans les divers e-mails que j’ai reçu suite à ce billet, les exemples de stages cités faisaient références à des stages de « techniciens supérieurs » et non de « ingénieur/master »… Ce qui en dit long à la fois sur l’amalgame qui est fait entre les niveaux bac+3 et bac+5 à SupInfo et sur le niveau réel du diplôme.

Pour ma part, je pense réellement que sortant de SupInfo vous aurez un très bon niveau bac+3 mais difficilement un niveau bac+5. Pour preuve, à l’université nous évaluons le niveau d’une formation bac+5, entre autres, au pourcentage moyen d’étudiants qui décrochent effectivement une bourse de thèse en fin de formation. Cela arrive dans les Masters, les écoles d’ingénieurs, etc. Qu’en est-il à SupInfo ? Pour l’instant, je n’ai jamais entendu parler d’un tel cas de figure. Et peut-on vraiment parler d’une formation bac+5 si AUCUN élève ne décroche de bourse de thèse sérieuse ?

100% d’embauche ? Un mensonge de plus ?

En ces temps de crise, il est extrêmement difficile pour toutes les formations de tenir le plein emploi. Cela devrait être aussi le cas de SupInfo. Et, de fait, ils n’ont pas 100% d’embauche puisque j’ai eu le témoignage de plusieurs anciens élèves qui cherchaient encore désespérément du travail. Certains vont jusqu’à brader leurs compétences pour trouver un emploi car les entreprises se méfient à présent des gens de SupInfo. Bref, je ne pense pas qu’il soit raisonnable d’afficher fièrement 100% d’embauche alors que c’est loin d’être vrai.

Conclusion

Les pratiques de SupInfo sont de plus en plus scandaleuses et frisent l’illégalité. Comment peut-on donner un quelconque crédit à un établissement qui communique avec une telle duplicité et avec une ambiguïté aussi savamment orchestrée ? De plus, les économies extrêmes faites par le siège central à Paris impactent assez lourdement tous les centres ainsi que la formation dispensée à l’ensemble des élèves. La question de savoir si la formation vaut vraiment le prix que payent les élèves est réellement d’actualité.

Je suis tout bonnement stupéfait du manque de réaction de la part des autorités, de la CTI ou même des élèves de SupInfo qui se sont fait vendre du rêve et qui ne veulent pas se réveiller (remarquez, je les comprends un peu car le réveil risque d’être brutal). Cette institution doit se réformer en profondeur ou disparaître car le marché de l’informatique ne peut tout simplement pas se permettre de perdre 6000 à 8000 étudiants qui ne sauront faire que le travail d’un technicien supérieur pour le prix d’un bac+5.

Mon conseil aux élèves de SupInfo: Sautez du navire pendant qu’il est encore temps !!!

 

Source : http://web.archive.org/web/20100130042002/http://emfleury.free.fr/index.php/2010/01/SUPINFO-la-grande-illusion/