Querelles intestines à SupInfo

À la rentrée prochaine, les étudiants de SupInfo devront choisir leur camp. photo archives soBonnaud Guillaume
Le pugilat juridique entre le groupe d’enseignement supérieur et ses franchisés locaux a débouché sur une scission.

Les élèves bordelais et toulousains de l’école supérieure d’informatique SupInfo vivent une drôle de fin d’année universitaire. Un conflit a en effet éclaté entre la direction de ce groupe d’enseignement, qui compte une trentaine d’établissements, et la société Sud Ouest Campus, qui a obtenu l’an dernier la franchise de la marque pour les deux écoles garonnaises.

Déjà jalonné de décisions de justice, cette bataille a débouché sur une scission entre le franchisé et le franchiseur. Si bien que les élèves, et leurs parents, qui se sont récemment constitués en association, se demandent quel camp choisir à la prochaine rentrée.

Fondée dans les années 1960, Sup Info dispense jusqu’à Bac +5, un enseignement qui a permis à la plupart de ses anciens élèves de se caser honorablement sur le marché du travail

SupInfo a été repris il y une dizaine d’années par Alick Mouriesse, un de ses anciens élèves. Sous son impulsion, elle a poursuivi une forte croissance qui se traduit par l’existence d’une trentaine d’écoles en France et à l’étranger (Londres, Shanghai, etc.) fréquentée par un total de 6 000 étudiants.
Sud Ouest Campus

Sur le plan financier, en revanche, la trajectoire a été chaotique. L’association créée par Alick Mouriesse pour gérer le groupe, a été placée en redressement judiciaire en 2001.

Elle en est sortie il y a trois ans après avoir payé ses créanciers. Mais, dans le même temps, SupInfo est devenue une nébuleuse juridique complexe, la marque ayant été transférée à une entité de droit belge, autour de laquelle gravitent des sociétés basées à Paris, Hong-Kong, etc.

Et la trésorerie de cet ensemble paraît maigre puisque l’école de Londres vient de se faire expulser de ses locaux, et que des moniteurs français, étudiants de quatrième et cinquième année, ont de gros retards de salaire.

C’est dans cet univers complexe, que pénètrent en mars 2009 Lionel Desage et David Inquel, deux anciens judokas reconvertis dans les affaires, et notamment dans l’exploitation de maisons de retraite médicalisées, via le groupe Auvence, qu’ils ont créé à cette fin.

Les deux hommes entrent alors en contact avec Alick Mouriesse par le biais d’un autre ancien judoka Stéphane Nomis, à l’époque très proche du patron de SupInfo, mais que celui-ci accuse de l’avoir trahi.

La relation nouée entre SupInfo, et la société Sud Ouest Campus créée à cette fin par les ceintures noires va vite virer au pugilat.

Les thèmes de bataille autour des écoles SupInfo ont trait notamment aux anciens locaux de Bordeaux-Lac abandonnés par les franchisés au profit des Chais de Luze, en raison, disent-ils des coûteuses garanties demandées par le bailleur, que les retards de paiement préalables du franchiseur avaient échaudé.
Utilisation du logo

Des décisions de justice se succèdent en 2009 et 2010. Fin décembre, le TGI de Nanterre ordonne en référé à SupInfo de payer 1,2 million de rétrocession de droits d’inscription demandés par les franchisés. Alick Mouriesse fait casser l’ordonnance en appel après avoir résilié la franchise. Le patron du groupe, obtient par ailleurs, également en référé l’interdiction d’utilisation du logo InfoSup dans le site que les franchisés du Sud Ouest avaient créé.

En attendant l’issue de ce marathon juridique, le divorce est consommé. Lionel Desage veut transformer l’ex -franchise en école en bonne et due forme qu’il a d’ores et déjà décidé d’appeler IngéSup. De son côté, Alick Mouriesse a rouvert non sans mal une SupInfo bordelaise, provisoirement logée dans une résidence hôtelière du Lac. Il a pris l’engagement de faire passer cette année les diplômes de ceux des étudiants qui ont choisi de continuer à suivre leurs cours chez le franchisé. Mais reste à savoir quel parti les intéressés devront prendre l’an prochain.

Source: https://www.sudouest.fr/2010/05/25/querelles-intestines-a-supinfo-100747-4626.php

Un mail envoyé par un parent de B2 à M. Lecucq

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Certains parents d’étudiants SUPINFO commencent à s’organiser en comité, afin d’exiger d’Alick Mouriesse et de SUPINFO certaines choses, comme le remboursement des frais de scolarité de leurs enfants, qui ont vécu un tas de perturbations anormales pour un étudiant qui paie plus de 5000 euros pour une année scolaire. Sans compter les préjudices moraux etc, dont ont été victimes non seulement les étudiants SUPINFO, mais également leurs parents.

Un des exemples le plus flagrants est la création artificielle par Alick Mouriesse le 3 Mai 2010 d’une nouvelle école SUPINFO Bordeaux, situé dans une salle de l’hôtel Pullman, et potentiellement illégale puisque les franchisés dirigeant la vrai école SUPINFO (celle existant depuis la rentrée 2009 et où ont toujours été scolarisé les étudiants de SUPINFO Bordeaux) possèdent un contrat d’exclusivité pour former les étudiants SUPINFO sur la région.

Alick Mouriesse a invité tous les étudiants à se rendre à cette nouvelle école, qu’il a auto-proclamé LA SUPINFO officielle (situé à l’hôtel Pullman), et demandant aux étudiants par email de suivre dorénavant ses directives officielles.

Le premier cours de la rentrée n’en était pas vraiment un. Le jour de la rentrée Alick Mouriesse était venu avec sa délégation afin de leur faire un speech, et de les convaincre à le suivre. Ils ont eu droit à plusieurs heures de discours et de questions/réponses.

Un étudiant a enregistré l’intervention en audio qui peut être consultée à cette adresse: https://docs.ingesup.info/?view=./2010-05-03-Alick_Bordeau… (attention c’est très long).

Aujourd’hui le secrétaire générale de SUPINFO (Arnaud Lecquq) a envoyé plusieurs emails pour prévenir les étudiants que d’autres réunions sont prévues avec Alick Mouriesse et les parents d’élèves, et leur demande de faire passer le message.

Certains parents d’étudiants n’ont pas tardé à réagir à son email dont voici un des témoignage d’un parent d’étudiant:

[DEBUT de la citation]

 » Cher Monsieur LECUCQ,

Etant dans l’impossibilité, et tout en le regrettant infiniment, d’assister à cette réunion, je profite de votre courriel afin que soit prise en considération ma demande de remboursement immédiat des frais de scolarité 2008-2009 et 2009 -2010 indûment perçus par Monsieur Alick MOURIESSE,

sans présager, pour le moment des poursuites judiciaires que l’ensemble du collectif des parents se prévaudront certainement, afin de palier aux préjudice moral consécutif à plusieurs années de scolarité définitivement perdues par nos enfants.

Merci de transmettre à qui de droit, et de faire savoir ma position à Monsieur Alick MOURIESSE lors de cette réunion.

[FIN de la citation]

Pour protéger l’étudiant qui nous a communiqué une copie de cet email de toute pressions, ainsi que les parents concernés, nous avons masqué leurs identités.

 

Source : https://etudiants-supinfo.20minutes-blogs.fr/archive/2010/week18/index.html